CHVRCHES : paroles d’évangile

Les trois Écossais de CHVRCHES ont-ils été bénis par la main de dieu ? En tout cas, entre une tournée mondiale et un album à juste titre encensé par la critique, la synth pop des natifs de Glasgow fait un véritable carton. Coincé au milieu d’une journée promo, Monsieur Marcel a taillé le bout de gras avec trois Écossais un peu fatigués, mais forcément sympathiques. A l’écossaise.

Vous êtes Chvrches et Pitchfork, qui est un peu la bible de la musique indé, a designé votre album comme best new music. Qu’est-ce que ça vous fait de recevoir tant de louanges si vite ?

Iain : Ils nous ont soutenu depuis le début, tout comme d’autres d’ailleurs, des blogs musicaux, des magazines, et c’est grâce à eux qu’on est là où nous en sommes aujourd’hui. C’est grâce à eux qu’on fait le tour du monde, que les gens viennent voir nos concerts. On est très reconnaissants.

Sur l’album, vous parlez de « the mother that we share », de secondes chances. Certaines chansons sont joyeuses, d’autres plus sombres. Il y a un côté très chrétien. En tout cas, votre disque en entier pourrait être lu à travers un prisme religieux, c’est intentionnel ?

Lauren : Non, ce n’était pas du tout le but. Mais c’est ce qui intéressant dans la musique et les paroles : chacun peut les interpréter comme il veut. Je ne suis pas du tout une personne que l’on pourrait qualifier de religieuse.

Iain : Aucun de nous trois à vrai dire.

Lauren : On n’avait vraiment pas cette intention là, ça renvoie plutôt à des choses personnelles.

Ok mais si vous n’êtes pas croyant alors, comment vous faites pour occuper votre dimanche matin ?

Iain : (rires) On lit le journal et on se fait des œufs brouillés.

Quel est selon vous l’instrument le plus divin ?

Lauren : Je dirais un piano ou clavier, plutôt qu’une guitare ou une basse.

Iain : Si Bob Moog (l’inventeur du synthé) est Dieu, alors c’est le Minimoog.

C’est pour cela que vous n’utilisez que des synthés ?

Iain : On n’utilise pas que des claviers, mais je ne sais pas. Je pense que c’est parce que lorsque nous avons commencé à travailler sur le projet, on avait plutôt envie de sons électroniques. Martin jouait déjà du clavier dans son précédent groupe et moi j’ai toujours été le clavier et l’arrangeur dans mes précédents projets.

Quelle est l’influence de Glasgow et de l’Écosse sur votre musique ? Je veux dire, est-ce que vous êtes le point de rencontre entre la scène pop qu’incarne un Franz Ferdinand et celle plus shoegaze, plus dark ?

Lauren : Je ne crois pas que l’endroit d’où l’on vient influence vraiment notre musique. Mais en même temps, il y a eu et il y a encore tellement de groupes si différents à Glasgow que ça nous a forcément influencé : c’est là qu’on a grandi et qu’on s’est rencontrés.

Vous faites  la musique que vous aimez ?

Martin : Je pense que les gens qui font de la musique qu’ils n’aiment pas en premier lieu sont très cyniques et manipulateurs. Ça veut dire que c’est l’argent qui les intéresse plus que le reste. Si on n’aimait pas notre propre musique, ce serait impossible de monter sur scène tous les soirs pour la jouer. On ne pourrait pas non plus faire d’interview ou parler aux gens de notre musique avec passion.

Iain : Et puis c’est très cruel. Faire écouter ta musique aux autres en espérant qu’ils apprécient alors que toi-même tu n’aimes pas (rires) !

Martin : Ton « art », si on peut appeler ça comme ça, devrait toujours être une extension de ta personnalité. Je ne pourrais pas être malhonnête avec moi-même.

Est-ce que ça veut dire que vous ne pourriez pas jouer de la musique que d’autres ont écrit ?

Martin : Si, bien sûr. Je l’ai fait pendant des années d’ailleurs. Simplement l’investissement émotionnel n’est pas le même. Il faut juste apprécier la musique. Je ne jouerais jamais dans un groupe de folk par exemple.

Lauren : Et puis ça n’a rien avoir : être le musicien de quelqu’un et avoir son propre groupe. Nous avons personnellement une « éthique » à propos de la musique que l’on fait, c’est-à-dire qu’on ne veut pas écrire que des chansons qui passent en radio, ou juste faire quatre super chansons et remplir le reste de l’album avec des choses moins bien. C’est important d’être fier de ce qu’on fait et de le faire sérieusement, sans forcément se prendre soi-même au sérieux.

Vous faites de la musique pour la postérité ? Vous voulez qu’on se rappelle de CHVRCHES plus tard ?

Lauren : Je crois qu’on essaie surtout de faire la meilleure musique possible maintenant. On est vraiment concentrés là-dessus pour le moment. Mais on ne veut pas être le groupe d’un morceau. Je pense qu’un groupe qui essaie de prendre le maximum de blé le plus rapidement possible est un groupe qui ne croit pas vraiment en son « projet ».

Iain : Je ne crois que pas que ça aide vraiment de penser à la postérité. Ce qui compte le plus pour nous, c’est le « ici » et le « maintenant ». On prend les choses comme elles viennent et le plus important maintenant, c’est de faire le meilleur second disque possible.

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