Nicolas Ullmann: un oiseau de nuit aux mille plumages

nicolas ullman

Si vous avez un jour mis les pieds dans une soirée Cabarock ou Kararocké, vous n’avez pas du l’oublier. Toujours déguisé en l’une de ses idoles favorites, le comédien Nicolas Ullmann insuffle une folie sans limite à vos soirées. Depuis ses premiers pas comme physio du Baron, il est la tempête rock’n’roll qui secoue les nuits parisiennes. Ses faits d’armes: entrer au scooter au Baron ou vider un extincteur sur un public fasciné.

Enfant terrible, dandy excentrique ou artiste génial? Monsieur Marcel a décidé d’en savoir plus et a poussé la porte de ses appartements du 18ème pour le rencontrer. Loin de l’ambiance survoltée de ses fêtes, le lieu est paisible et ressemble à son propriétaire, grand cinéphile et collectionneur invétéré : ambiance filmique au milieu des animaux empaillés, des rangées de guitares et des piles de vinyles et DVD. Le décor est posé, l’interview peut commencer.

Bonjour Nicolas!

Bonjour !

Comédien, transformiste, entertainer, derrière tous ces rôles et tous ces déguisements, tu te définirais comment ?

Quand j’étais petit et que l’on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je disais toujours que je voulais travailler dans le cinéma. A l’époque, je n’étais pas très sûr de moi et surtout dernier a l’école, alors mon ambition était à la hauteur de mes résultats: j’étais même prêt à balayer sur les plateaux! Etant très cinéphile, je voulais appartenir à ce monde. Maintenant que je suis un grand garçon, si je devais résumer toutes mes activités en une seule, ce serait la comédie.  On la retrouve dans tout ce que je fais et c’est  ce que je préfère.

Pourtant tu n’es pas tout à fait un comédien typique ?

C’est un milieu spécial et un métier assez dur. Parfois je ne joue pas le jeu complètement à fond pour secouer tous les directeurs de castings. Je suis trop euphorique pour me mettre à attendre le bon coup de téléphone. Mais je fais des petits rôles à droite, à gauche, et j’en suis très content. Par exemple, Audrey Dana m’a donné un petit rôle pour le film qu’elle réalise cet été et j’aurais une scène avec Julie Ferrier. J’ai même fait un court métrage pour lequel j’ai eu un prix d’interprétation (L’amour à contrechamp de Frédéric Murarotto). Je fais mon chemin petit à petit, à la cool. Et à côté je fais beaucoup de choses : de la radio, des soirées, des photos …

On peut même dire que tu es un vrai touche-à-tout. Tu n’as pas peur que cela te desserve ?

C’est ma qualité et mon défaut. Ça m’est arrivé qu’un réalisateur me dise « T’es sûr que tu ne seras pas fatigué le lendemain? ». Une fois, un directeur de casting que j’invitais à une soirée m’a répondu:  » Je vais au Théâtre découvrir des comédiens, je ne sors pas en soirée »…

Mais je me démerde dans tout ce bordel artistique. Un jour, il faudra quand même que je prenne le temps de me poser pour me concentrer sur des projets plus perso:  faire plus de musique, écrire un projet de comédie, et faire une exposition et un livre sur les photos de mes transformations.

D’où te vient cette passion du déguisement? Une nostalgie du carnaval de tes 10 ans ?

C’est vrai que je suis un grand enfant! Le déguisement, au début, c’était pour mes soirées:  je présentais un groupe et je me déguisais en rapport avec lui.  Je me qualifie comme une sorte de clown rock’n’roll moderne, un transformiste plus proche de Cindy Sherman que du Cabaret Michou. Le déguisement ça m’apporte aussi une liberté: dans la vie je suis plutôt timide, alors si je mets un masque, je me permets plus de choses.

Tu t’es attaqué à de grosses pointures: Alice Cooper, Mickael Jackson, Amy Winehouse, Prince ou encore Marylin Manson. Rien ne t’arrête ou y a-t-il des personnages inaccessibles, que tu n’oseras pas imiter ?

Difficile à dire. J’ai une petite liste de tous ceux que j’aimerais incarner. Par exemple je rêverais de faire une série sur les parisiens mythiques, les gens de la Clique, Olivier Zahm,André… Plusieurs amis m’ont dit récemment  que je ferais très bien Gargamel. J’ai deux chats, un des deux pourra faire Azrael.  Je ne compte pas m’arrêter là en tout cas.

Tu es une figure des nuits parisiennes, mais tu as aussi pas mal festoyé ailleurs. Par rapport à Londres, New York ou Miami, tu trouves que  »Paris se meurt » ?

J’ai fait des shows à New York en septembre et il y avait des gens  qui me disaient, « Reviens, on n’a pas de show comme ça chez nous! ». Alors vous voyez, on est pas si mal ici. Et puis Paris c’est moins mort qu’avant. Au delà des boîtes, il y a beaucoup de petits lieux qui ont ouvert avec des concerts, des djs , des expos et d’intéressants événements artistiques …

Et si tu pouvais organiser la soirée idéale, ça serait comment ?

Soirée déguisée, avec du live et un thème. La dernière que j’ai organisée c’était autour des Rolling Stones, pour fêter leur 50 ans de carrière. 27 chanteurs, des cuivres, des choristes, un pianiste. Avec tous ces moyens offerts par « Grolsch », j’ai pu raviver pas mal de rêves musicaux. La fête commençait déjà pendant les répétitions… En toute logique la prochaine sera sur les Beatles puis Bowie, puis le CBGB, le mythique club new-yorkais où ont joué Blondie , les Ramones, Willie de Ville, Johnny Thunders …

On voit que tu collectionnes les projets autant que les DVD. On suivra ça de très près ! 

Merci Nicolas !

Nicolas Ullmann
Facebook : Nicolas Ullmann Troisième compte
@nicolasullman

Nicolas Ullmann: un oiseau de nuit aux mille plumages
Notez cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *